TEXTE PREAMBULE
Sur le toucher…
Au creux de ma main sont tissées des lectures du monde, sont sculptés et creusés des
apprentissages, sont imprégnés des souvenirs .Ma main sait qu’elle est curieuse. Elle va à la
rencontre de l’autre, de la réalité concrète autant pérenne qu’éphémère de la matière.
Au creux de ma main sont tissées des lectures du monde, sont sculptés et creusés des
apprentissages, sont imprégnés des souvenirs .Ma main sait qu’elle est curieuse. Elle va à la
rencontre de l’autre, de la réalité concrète autant pérenne qu’éphémère de la matière.
Il s’agit avant tout d’une rencontre, celle de l’être et du monde qui l’environne. Ces derniers se
touchent, s’explorent, se caressent, s’entrechoque, s’effleurent, se séparent, se joignent, se
retrouvent. Ce rapport se passe en surface. A la surface des corps là où il y a contact et prise de conscience.
Une surface que je vois comme un espace de lecture , à la fois tactile et visible qui renvoie aux
questions existentielles que soulève la matière, la sculpture, : celle des limites, de ce vide et plein, de la représentation et de la création.
DEMARCHE ET TRAVAUX PERSONNELS
Mon travail interroge l’espace et des limites du corps, aussi bien physiques que psychologiques del’entre deux. Et c’est en ce sens que je me suis intéressé à la peau, comme surface visible de l’être, comme interface mais aussi donc comme limite entre deuxterritoires : domaine privée et domaine public. (kinesphère)
La question de l’interaction, la rencontre, l’attachement à l’autre est le noyau de mon travail.
Ce sont avant tout les notions de nostalgie (pathos : deuil, mélancolie dans le souvenir
familial), d’amour et de communication (union et singularité dans le couple), d’identité
(comme image de représentation) que j’ai tenu a explorer dans mon travail jusqu’ici.*
Je concrétise cette réflexion en travaillant la terre (technique d’estampage), le textile et la
porcelaine (en pate ou liquide : crochet trempé dans de la barbotine, puis cuit).
Mon désir de matérialisation s’inscrit dans la logique de ma démarche et les pièces que je produis sont donc pour la plupart une invitation au toucher, au contact. Sinon elles expriment, par une certaine « dépossession », la tentation, voir le besoin de toucher.
Mes travaux sont donc médiateurs, et reflètent l’engouement et le besoin pour l’artiste de
matérialiser et donc toucher le monde pour le saisir, le comprendre.
Voici une sélection de travaux qui témoigne de cette notion du toucher :
CORPS SONORE- HYPOMNEMATA- CORPS TISSE DANS L’ESPACE- PRESSION DE SOUFFLE+PEAUX NARRATIVES
*le travail s'oriente vers plus d'humour- de décalage de la représentation du corps dans son espace.
CORPS SONORE
Corps sonore est une pièce en grès accompagnée de prise de sons, une installation in situ avec des études photographiques au préalable. Elle pose la question de la rencontre et du rapprochement des corps, d’espace de communication.
Espace vide re-matérialisé (en creux), enveloppé. Espace réhabité en passant par l’instrumentalisation. Instrument qui se joue à deux, composition en accord, en harmonie au travers de sons tels que la caresse et le souffle peuvent être révélés au contact du
matériau.
matériau.
HYPOMNEMATA
Hypomnemata est une oeuvre qui est composée de plusieurs mediums : le photomontage, laporcelaine et l’écriture - l’édition.
Il s’agit d’abord d’une récolte de photo souvenirs personnels dont certaines parties de photos se verront matérialisées-objectivées-symbolisées par des petits bas reliefs en porcelaine, elle prendra une présence autre, celle du volume, dans le passage du bidimensionnel au tridimensionnel.
Il est question centrale dans ce projet du toucher, de pouvoir retoucher un souvenir par une forme et le volume, le garder, le retenir dans la main. La main entretient une relation charnelle avec le souvenir comme un intermédiaire un moyen de se lier à une émotion.
CORPS TISSE DANS L’ESPACE
Corps tissé dans l’espace se décline sous plusieurs espaces et mediums : celui de la feuille par le dessin, la gravure et le papier repoussé, de la matrice-plaque de gravure en cuivre, de la gravure et du volume- sculpture en place et essais de matière de crochet trempé dans la porcelaine.
Il est question de la naissance du corps dans un espace matricielle, là où aucun repère n’existe et où le corps se tisse lui-même. Cela renvoi à l’idée de représentation de fabrication même d’image qui sont inhérentes à l’homme, et un moyen voir une nécessité chez l’artiste.
J’associe l’emploi de la forme tissé aux mouvements comme support surface où le glissement entre espace fictif et réel-physique se réalise. Parlant ainsi de l’espace je fais aussi dans ce travail un rapprochement avec le domaine des sciences physique dans lequel les représentation de l’existence,( théorie du tout – des cordes) qui a recourt à l’emploi de la forme tissé, à la grille et à l’expression tant imagée de « tissus spatiaux-temporel».
PRESSION DE SOUFFLE – PEAUX NARRATIVE (mis en dialogue)
Pression de souffle et peaux narrative sont deux travaux que j’ai choisi de mettre en dialogue car
elles ont comme point commun la main et sa faculté à capter un espace aussi bien qu’une idée.
Pression de souffle est une vidéo-performance de 3min environs qui montre l’envie de capter quelque chose qui n’est pas visible, palpable : le souffle, en passant par l’oreiller comme médiateur ;
les mains pressent l’oreiller de différentes façons en représentant ainsi les différents types et rythme du souffle.
Peaux narrative est une série de 7 sculptures en porcelaine crue qui fait état d’une réflexion autour de la main et de la fragilité de la porcelaine en montant petit à petit jusqu’au possible une fine limite entre le dehors et le dedans : là où la main (à l’intérieur et à l’extérieure)se trouve en contact avec le matériaux.
Le dialogue passe entre ces deux travaux, car il est question de la main, des limites et aussi de plasticité et mollesse sur le caractère visuel.
Le processus de création parle aussi de naissance qui se révèle de manière implicite et renvoi aux notions d’origines et de connaissance de la matérialité.
Le toucher est le moteur de ces deux travaux, comme point de départ et comme moyen, en y laissant l’empreinte perceptible de la main.




















































Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire